Soins de support : des séances chez le sexologue pendant et après les traitements

Le poids de la maladie, et encore plus les effets des traitements, peuvent diminuer la libido et impacter votre...

Mis à jour le :
29
/
06
/
2022
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Soins de support : des séances chez le sexologue pendant et après les traitements

Le poids de la maladie, et encore plus les effets des traitements, peuvent diminuer la libido et impacter votre intimité sexuelle. Les soins de support en sexologie sont là pour vous soutenir, vous et/ou votre partenaire. Les précisions de Sébastien Landry, psycho sexologue spécialisé en cancérologie.

 

L’intimité sexuelle fait partie d’un équilibre de vie[1]. Mais avec le cancer, cette sphère se trouve perturbée quand « les angoisses et incertitudes liées à la maladie engendrent une baisse de la libido », explique Sébastien Landry[2],psycho sexologue spécialisé en cancérologie[3] et formateur médical/paramédical[4]. Les modifications du corps comme « la fonte musculaire, la reconstruction d’un sein, les cicatrices, la perte des cheveux, et leurs répercussions psychologiques, freinent aussi la confiance en soi et la capacité de séduction ».

 Les soins de support intègrent donc un soutien en sexologie[5]. Enjeux : améliorer la qualité de vie pendant et après la maladie[6].

 

Les traitements plus impactants que la maladie

 

« En consultation[7], je vois autant d’hommes que de femmes, pour tous types de cancers », décrit Sébastien Landry. Certes, les cancers gynécologiques[8] ou urogénitaux[9]altèrent directement la sexualité, les organes comme le sein, la prostate ou les testicules étant touchés. « Mais pour toutes les tumeurs, la chimiothérapie, la radiothérapie ou l’hormonothérapie diminuent la libido. »

 

Comment l’expliquer ? Ces traitements diminuent le tonus musculaire[10] et l’afflux sanguin au niveau de la verge : la fonction érectile se trouve perturbée. Chez les femmes, la chimiothérapie peut aussi diminuer la concentration en œstrogènes, hormones indispensables à la lubrification vaginale. « Les rapports avec pénétration deviennent compliqués et/ou douloureux. »

 

Les effets des traitements mal connus des patients

 

Toutes ces altérations physiologiques peuvent perturber « le patient et/ou le couple qui ne s’y attendai(en)t pas ». Les patients « ont alors tendance à se dévaloriser car ils ne sont pas tous informés en amont de l’impact des traitements » sur leur bien-être sexuel.

 

« Le couple s’attend à ce que la vie sexuelle reparte d’elle-même »

 

Dans le cadre des soins de support, la sexologie est accessible à tout moment de la prise en charge. « Les patients viennent rarement me voir dès l’annonce, 25% le font au cours du suivi », décrit Sébastien Landry.

 

« La grande majorité consulte dans l’après-cancer, tellement la maladie les a coupés de leur désir sexuel. »

A la fin des traitements actifs[11] en effet, « le couple s’attend à ce que la vie sexuelle reparte d’elle-même ». C’est pourtant à ce moment « que les blocages surviennent, notamment si la fatigue perdure ». Sans compter « la crainte de la récidive ou la peur de reprendre une vie sexuelle, les angoisses de performance, sources de dysfonctions érectiles et de douleurs vaginales liées à la pénétration[12]».  

 

En séance

La prise en charge en soins de support se fait seul(e) ou à deux. « Et je reçois parfois le patient et le conjoint séparément. » Le suivi repose sur la libération de la parole et des conseils comme « la stimulation de la fonction sexuelle avec la masturbation, l’utilisation d’huiles spécifiques favorisant la lubrification, de dilatateurs vaginaux pour les femmes pour la détente des tissus vaginaux, et d’un vacuum[13] pour les hommes. L’objectif est de rééduquer la musculature du périnée[14] chez l’homme comme chez la femme ».

 

Ressources

Vous souhaitez en savoir plus sur :

Références

[1] Selon l’Organisation mondiale de la Santé(OMS), la santé sexuelle est « fondamental pour la santé et le bien-être général des personnes, des couples »

[2] Sébastien Landry est auteur de l’ouvrage« Cancer et sexualité : si on en parlait ! »

[3] Travaille en clinique privée au Mans dans une unité de cancérologie, en téléconsultation ou consultation présentielle en partenariat avec la Ligue nationale contre le cancer (44) sur les Pays de la Loire entre Angers, Nantes et La Roche-sur-Yon. Sébastien Landry propose aussi des ateliers collectifs avec l’association Ma parenthèse (Nantes) qui accompagne les femmes atteintes d’un cancer, et de la téléconsultation avec l’association nationale IMAGYN tournée vers les patients souffrant spécifiquement d’un cancer gynécologique

[4] Étudiants infirmièr(e)s, aides-soignant(e)s, kinésithérapeutes, ergothérapeutes

[5] La prise en charge des troubles de la sexualité est inscrite dans la liste des soins de support complémentaires depuis l’Instruction DGOS/R3/INCa/2017/62du 23 février 2017 relative à l’amélioration de l’accès aux soins de support des patients atteints de cancer

[6] « Limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie » constitue l’un des axes de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030

[7] Dans les associations avec lesquelles Sébastien Landry travaille, les consultations en sexologie sont prises en charge à 100% et entrent dans la catégorie des « aides aux malades »

[8] Chez la femme, les principaux cancers gynécologiques concernent les tumeurs de l’ovaire, de l’endomètre, du col utérin pour les plus fréquentes, la vulve, le vagin et des trompes pour les moins fréquentes

[9] Chez l’homme, les cancers du pénis, de la prostate ou des testicules sont concernés. Tous sexes confondus, les reins et la vessie sont aussi des organes possiblement atteints par une tumeur dite urogénitale

[10] La chimiothérapie peut atteindre la musculature du périnée, source d’incontinence et de dysfonction érectile

[11] La chirurgie, la radiothérapie ou les traitements médicamenteux sont considérés comme actifs contrairement aux traitements de type hormonothérapie ou immunothérapie

[12] Associées à une forme de vaginisme

[13] Pompe posée sur le pénis pour effectuer un vide d’air et permettre l’afflux sanguin au niveau de la verge

[14] Le suivi par une sage-femme ou un kinésithérapeute peut aussi être nécessaire pour la rééducation périnéale de l’homme comme de la femme

[15] Réseau Régional de Cancérologie Ile-de-France

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Le poids de la maladie, et encore plus les effets des traitements, peuvent diminuer la libido et impacter votre intimité sexuelle. Les soins de support en sexologie sont là pour vous soutenir, vous et/ou votre partenaire. Les précisions de Sébastien Landry, psycho sexologue spécialisé en cancérologie.

 

L’intimité sexuelle fait partie d’un équilibre de vie[1]. Mais avec le cancer, cette sphère se trouve perturbée quand « les angoisses et incertitudes liées à la maladie engendrent une baisse de la libido », explique Sébastien Landry[2],psycho sexologue spécialisé en cancérologie[3] et formateur médical/paramédical[4]. Les modifications du corps comme « la fonte musculaire, la reconstruction d’un sein, les cicatrices, la perte des cheveux, et leurs répercussions psychologiques, freinent aussi la confiance en soi et la capacité de séduction ».

 Les soins de support intègrent donc un soutien en sexologie[5]. Enjeux : améliorer la qualité de vie pendant et après la maladie[6].

 

Les traitements plus impactants que la maladie

 

« En consultation[7], je vois autant d’hommes que de femmes, pour tous types de cancers », décrit Sébastien Landry. Certes, les cancers gynécologiques[8] ou urogénitaux[9]altèrent directement la sexualité, les organes comme le sein, la prostate ou les testicules étant touchés. « Mais pour toutes les tumeurs, la chimiothérapie, la radiothérapie ou l’hormonothérapie diminuent la libido. »

 

Comment l’expliquer ? Ces traitements diminuent le tonus musculaire[10] et l’afflux sanguin au niveau de la verge : la fonction érectile se trouve perturbée. Chez les femmes, la chimiothérapie peut aussi diminuer la concentration en œstrogènes, hormones indispensables à la lubrification vaginale. « Les rapports avec pénétration deviennent compliqués et/ou douloureux. »

 

Les effets des traitements mal connus des patients

 

Toutes ces altérations physiologiques peuvent perturber « le patient et/ou le couple qui ne s’y attendai(en)t pas ». Les patients « ont alors tendance à se dévaloriser car ils ne sont pas tous informés en amont de l’impact des traitements » sur leur bien-être sexuel.

 

« Le couple s’attend à ce que la vie sexuelle reparte d’elle-même »

 

Dans le cadre des soins de support, la sexologie est accessible à tout moment de la prise en charge. « Les patients viennent rarement me voir dès l’annonce, 25% le font au cours du suivi », décrit Sébastien Landry.

 

« La grande majorité consulte dans l’après-cancer, tellement la maladie les a coupés de leur désir sexuel. »

A la fin des traitements actifs[11] en effet, « le couple s’attend à ce que la vie sexuelle reparte d’elle-même ». C’est pourtant à ce moment « que les blocages surviennent, notamment si la fatigue perdure ». Sans compter « la crainte de la récidive ou la peur de reprendre une vie sexuelle, les angoisses de performance, sources de dysfonctions érectiles et de douleurs vaginales liées à la pénétration[12]».  

 

En séance

La prise en charge en soins de support se fait seul(e) ou à deux. « Et je reçois parfois le patient et le conjoint séparément. » Le suivi repose sur la libération de la parole et des conseils comme « la stimulation de la fonction sexuelle avec la masturbation, l’utilisation d’huiles spécifiques favorisant la lubrification, de dilatateurs vaginaux pour les femmes pour la détente des tissus vaginaux, et d’un vacuum[13] pour les hommes. L’objectif est de rééduquer la musculature du périnée[14] chez l’homme comme chez la femme ».

 

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[1] Selon l’Organisation mondiale de la Santé(OMS), la santé sexuelle est « fondamental pour la santé et le bien-être général des personnes, des couples »

[2] Sébastien Landry est auteur de l’ouvrage« Cancer et sexualité : si on en parlait ! »

[3] Travaille en clinique privée au Mans dans une unité de cancérologie, en téléconsultation ou consultation présentielle en partenariat avec la Ligue nationale contre le cancer (44) sur les Pays de la Loire entre Angers, Nantes et La Roche-sur-Yon. Sébastien Landry propose aussi des ateliers collectifs avec l’association Ma parenthèse (Nantes) qui accompagne les femmes atteintes d’un cancer, et de la téléconsultation avec l’association nationale IMAGYN tournée vers les patients souffrant spécifiquement d’un cancer gynécologique

[4] Étudiants infirmièr(e)s, aides-soignant(e)s, kinésithérapeutes, ergothérapeutes

[5] La prise en charge des troubles de la sexualité est inscrite dans la liste des soins de support complémentaires depuis l’Instruction DGOS/R3/INCa/2017/62du 23 février 2017 relative à l’amélioration de l’accès aux soins de support des patients atteints de cancer

[6] « Limiter les séquelles et améliorer la qualité de vie » constitue l’un des axes de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030

[7] Dans les associations avec lesquelles Sébastien Landry travaille, les consultations en sexologie sont prises en charge à 100% et entrent dans la catégorie des « aides aux malades »

[8] Chez la femme, les principaux cancers gynécologiques concernent les tumeurs de l’ovaire, de l’endomètre, du col utérin pour les plus fréquentes, la vulve, le vagin et des trompes pour les moins fréquentes

[9] Chez l’homme, les cancers du pénis, de la prostate ou des testicules sont concernés. Tous sexes confondus, les reins et la vessie sont aussi des organes possiblement atteints par une tumeur dite urogénitale

[10] La chimiothérapie peut atteindre la musculature du périnée, source d’incontinence et de dysfonction érectile

[11] La chirurgie, la radiothérapie ou les traitements médicamenteux sont considérés comme actifs contrairement aux traitements de type hormonothérapie ou immunothérapie

[12] Associées à une forme de vaginisme

[13] Pompe posée sur le pénis pour effectuer un vide d’air et permettre l’afflux sanguin au niveau de la verge

[14] Le suivi par une sage-femme ou un kinésithérapeute peut aussi être nécessaire pour la rééducation périnéale de l’homme comme de la femme

[15] Réseau Régional de Cancérologie Ile-de-France

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