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Maladies
Cancer de la peau : l’importance de la prévention
Pour réduire les risques de cancer de la peau, il est crucial d’adopter des comportements préventifs quotidiens.

En France, les cas de cancer de la peau ont triplé depuis 1990, avec désormais plus de 100 000 nouveaux diagnostics chaque année. Pourtant, aujourd’hui, nous pouvons agir efficacement pour limiter les risques de son apparition. Cet article vous plonge au cœur des causes, des facteurs de risque et vous présente les stratégies de prévention efficaces contre les cancers de la peau. Découvrez comment incorporer des gestes simples dans votre quotidien, pour renforcer votre protection face à cette maladie de plus en plus répandue.

Qu’est-ce qui provoque le cancer de la peau ?

Les cancers de la peau résultent d’altérations dans l’ADN cellulaire. Ces dommages génétiques déclenchent une croissance anormale et excessive des cellules cutanées, conduisant ainsi à la formation de tumeurs malignes.

De nombreuses recherches sont menées, notamment par la fondation ARC (Fondation pour la recherche sur le cancer), afin de comprendre les mécanismes biologiques et les raisons de l’augmentation des cancers de la peau.

Les principaux coupables sont les rayons ultraviolets (UV), qu’ils proviennent du soleil ou de sources artificielles. L’exposition excessive et répétée aux rayons UV est capable d’endommager l’ADN des cellules cutanées, augmentant de ce fait la probabilité de mutations génétiques et, par conséquent, le risque de cancer.

Le cancer de la peau peut toucher n’importe qui, même les plus jeunes. Cependant, des facteurs de risque rendent certaines personnes plus enclines à cette maladie.

Les personnes de teint clair, aux cheveux blonds ou roux, qui ont facilement tendance à souffrir de coups de soleil, sont plus susceptibles de développer un cancer de la peau.

Les individus possédant des antécédents personnels ou familiaux de cancers cutanés sont aussi particulièrement vulnérables.

Le risque est également plus élevé chez ceux qui possèdent un nombre important de taches de rousseur ou de grains de beauté, surtout si ces derniers sont grands (plus de 5 mm) ou de forme atypique.

Par ailleurs, l’exposition à certaines substances toxiques, comme l’arsenic, constitue aussi un facteur de risque d’être affecté par un cancer de la peau.

Comment prémunir les risques de cancer de la peau ?

Pour réduire les risques de cancer de la peau, il est crucial d’adopter des comportements préventifs quotidiens :

Se protéger du soleil

Faites un usage raisonnable du soleil en évitant l’exposition entre 11 h et 16 h. Privilégiez des vêtements couvrants, et n’oubliez pas de vous couvrir également la tête (casquettes ou chapeaux).

Lors des expositions au soleil, appliquez une protection solaire à indice élevé et en quantité suffisante toutes les deux heures sur les parties du corps apparentes.

- Éviter l’utilisation des outils de bronzage artificiels

Les équipements pour bronzer de manière artificielle, comme les cabines de bronzage et les lampes solaires, représentent une source significative de rayonnement UV.

- Éviter le contact avec certaines substances

Certaines substances sont reconnues carcinogènes, c’est-à-dire qu’elles causent, ou peuvent causer, le cancer. Parmi elles, nous pouvons citer l’arsenic, la suie, ou encore le goudron de houille, un élément entrant dans la composition de shampooings traitants contre les pellicules et d’autres affections de la peau.

- S’auto-examiner régulièrement

Effectuer des auto-examens de la peau joue un rôle crucial dans la lutte contre les cancers cutanés.

Une bonne connaissance de sa peau permet d’identifier plus aisément l’apparition d’une lésion ou d’un grain de beauté qui se distingue des autres, tel le « vilain petit canard ».

Les signes qui doivent alerter

Savoir reconnaître les signes précurseurs d’un cancer cutané est crucial pour une prise en charge rapide et efficace. Les indices d’alerte diffèrent en fonction du type de cancer de la peau.

- Le mélanome

Le mélanome est un cancer de la peau peu fréquent, mais potentiellement grave s’il n’est pas pris en charge rapidement.

Il se manifeste soit par l’apparition d’une nouvelle tache sur la peau, soit par la

transformation d’un grain de beauté existant.

Les signes à surveiller incluent :

● Une tache plane apparue récemment, qui change rapidement de taille, d’épaisseur, de forme, ou de couleur. Elle peut être un signe avant-coureur de cancer de la peau.

● Les grains de beauté suspects peuvent être repérés grâce à la « règle de l’ABCDE ». Elle facilite la recherche de signes douteux parmi les nombreux grains de beauté du corps :

- A pour Asymétrie : grain de beauté ni rond, ni ovale, relief irrégulier, avec deux côtés qui ne se ressemblent pas ;

- B pour Bords irréguliers, mal délimités ;

- C pour Couleur non homogène ;

- D pour Diamètre supérieur à 5 mm et en augmentation ;

- E pour Évolution rapide (couleur, taille, forme, épaisseur).

L’apparition d’un ou plusieurs de ces signes ne confirme pas automatiquement la présence d’un cancer de la peau de type mélanome. Cependant, elle requiert une consultation médicale rapide pour évaluer la lésion.

- Les carcinomes

Ils représentent 90 % des cas de cancers de la peau diagnostiqués en France. Ils se déclinent sous plusieurs formes, chacune avec ses signes distinctifs :

● Les carcinomes basocellulaires

Ils peuvent adopter divers aspects comme une plaie ouverte persistante, une tache rougeâtre, une zone irritée pouvant former des croûtes et démanger, ou encore une petite excroissance, une bosse ou un nodule brillant.

● Les carcinomes épidermoïdes ou spinocellulaires

Leurs formes sont également variées. Ils se manifestent parfois par des plaques rouges squameuses, des plaies ouvertes persistantes pendant des semaines, ou bien des lésions ressemblant à des verrues.

- Les autres types rares de cancers de la peau

À côté de ces trois principales formes de tumeurs, différents types de cancers cutanés peuvent apparaître, mais ils sont beaucoup plus rares.

Citons par exemple un troisième type de carcinome : le carcinome à cellules de Merkel. Il provient de cellules de la peau appelées cellules de Merkel. Il est rare, mais agressif et se caractérise par un nodule sous-cutané, non douloureux, de couleur chair ou bleu-rouge.

Cancer de la peau, comment se faire dépister ?

Le dépistage du cancer de la peau est une étape cruciale pour une prise en charge précoce et efficace.

Auto-examen

Une des clés de prévention et de dépistage repose sur l’auto-examen régulier de la peau, à effectuer au moins trois fois par an.

Une connaissance approfondie de sa peau améliore la capacité du patient à identifier rapidement les anomalies suspectes, optimisant ainsi l’efficacité dans la recherche de cancer cutané.

En cas de découverte de signes d’alerte par le patient, un avis médical doit être demandé rapidement.

Consultation professionnelle

En complément de l’auto-examen, une consultation annuelle chez un professionnel de santé, tel que le médecin traitant ou le dermatologue est recommandée. Ce dernier adapte la fréquence des contrôles de la peau en fonction des facteurs de risque individuels.

Au cours de la consultation, le professionnel de santé examine méticuleusement la peau de tout le corps afin de détecter d’éventuelles anomalies. Il peut utiliser un dermatoscope, un dispositif grossissant l’image de la peau pour analyser la zone concernée avec précision.

Le dépistage régulier, tant par l’auto-examen que par une consultation auprès d’un professionnel, joue un rôle majeur dans la lutte contre la maladie. En effet, plus le diagnostic du cancer de la peau est posé à un stade précoce, plus les chances de guérison sont élevées.

La journée prévention cancer de la peau

Lancée en 1998, la journée nationale de dépistage des cancers de la peau a été initiée par le Syndicat National des Dermatologues Vénéréologues (SNDV), avec le soutien du ministère de la Santé. Au fil des années, cette initiative, appuyée par l’Institut National du Cancer (INCa), s’est développée pour devenir une semaine entière dédiée à la prévention et à la sensibilisation au dépistage des cancers de la peau.

En 2024, le SNDV organise la 27e édition de cette campagne estivale, intitulée « Sauver sa peau ». Elle se déroulera du 10 au 16 juin à l’aide d’actions de communication numérique et d’affichages sur l’ensemble du territoire français.

Le but de cette semaine est de sensibiliser le public aux dangers du cancer de la peau et d’encourager les comportements préventifs. Elle met particulièrement l’accent sur la prévention du cancer de la peau face aux UV, notamment sur les lieux de travail.

Conclusion

La prévention est essentielle dans la lutte contre le cancer de la peau. En tant que patient, vous jouez un rôle clé.

En apprenant à identifier les facteurs de risque de mélanome ou de carcinome et en adoptant des comportements préventifs quotidiens, vous devenez un véritable acteur de votre santé.

De plus, la surveillance assidue de votre peau, grâce à des auto-examens réguliers et des consultations médicales, permet de repérer précocement des anomalies suspectes. Vous contribuez ainsi à une recherche de cancer cutané efficace, car elle facilite des interventions rapides, améliorant considérablement les chances de succès dans le traitement de la maladie.

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Maladies
Comment détecter un cancer de la peau ?
Le cancer de la peau survient lorsque des cellules cutanées subissent des mutations génétiques et se multiplient de manière anarchique, le plus souvent sous l’effet d’une exposition au soleil

Chaque année en France, entre 140 000 et 240 000 cancers de la peau sont diagnostiqués (1). Depuis 1980, leur incidence a nettement augmenté aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Cette augmentation est largement attribuée à l'engouement pour l'exposition au soleil, étant donné que l'exposition aux rayonnements UV est connue comme un facteur de risque majeur dans le développement de ces cancers cutanés. Leur détection précoce est essentielle pour accroître significativement les chances de guérison.

La peau, en bref ?

La peau constitue le plus grand organe du corpshumain, elle pèse entre 4 et 10 kilos à l’âge adulte et s’étend sur près de2m2 (2). La peau joue un rôleessentiel dans la protection contre les agressions extérieures, larégulation de la température corporelle mais aussi la perception sensorielle ouencore la synthèse hormonale.

La peau se compose de plusieurs parties (2) :

- L’épiderme : il constitue la couche externe de la peau et la partie la plus résistante. Il se compose de plusieurs couches : la couche basale et la couche épineuse, mais se compose également de kératinocytes et de mélanocytes (cellules responsables de la production de mélanine donnant une pigmentation à la peau).

- Le derme : il contient des vaisseaux sanguins, des glandes sudoripares (responsables de la production de la sueur), des glandes sébacées (responsables de la production de sébum) et des follicules pileux (cavités dans laquelle se situe la base du poil).

- L’hypoderme : il constitue la couche la plus profonde de la peau et est riche en tissu adipeux (tissu graisseux) et en vaisseaux sanguins. Il est plus épais au niveau des zones soumises à une pression importante tels que les talons. L’hypoderme sert aussi de réserve énergétique et participe à la régulation thermique du corps.  

Qu’est-ce qu’un cancer de la peau et quels sont les signes ?

Le cancer de la peau survient lorsque des cellules cutanées subissent des mutations génétiques et se multiplient de manière anarchique, le plus souvent sous l’effet d’une exposition au soleil. Il existe deux principaux types de cancers de la peau (3).

- Les carcinomes :

ils représentent la forme la plus fréquente de cancer de la peau (4). Ils se développent généralement après 50 ans, sur les zones du corps les plus exposées telles que le visage, le cou, les épaules, les bras ou encore les jambes. Leur apparition est souvent liée à une exposition prolongée et excessive au soleil, où les cellules de la couche basale et épineuse de l’épiderme peuvent se transformer en carcinome. Dans la plupart des cas, les carcinomes sont facilement traitables. Cependant, certains types de carcinomes dit « épidermoïdes », présentent un risque accru de métastases (propagation et développement de lésions sur une autre partie que celle d’origine) s'ils ne sont pas traités précocement.

- Les mélanomes :

ils sont plus rares mais représentent le type le plus grave de cancer de la peau lié au risque de métastases plus important. Les mélanomes se développent à partir des cellules produisant de la mélanine (responsable de la pigmentation de la peau) : les mélanocytes. Il peut apparaître comme un nouveau grain de beauté ou par la modification, sous l’effet du soleil de l'aspect d'un grain de beauté déjà existant : couleur, forme ou taille.

Comment surveiller sa peau et la préserver ?

Le rôle de la prévention est crucial. Lorsqu'il est détecté à un stade précoce, le cancer de la peau peut généralement être guéri avec succès. En revanche, un diagnostic tardif entraînera une diminution de l'efficacité des traitements disponibles et en quelques mois le mélanome peut se propager à d'autres parties du corps, formant des métastases. C'est pourquoi la détection précoce du cancer de la peau est essentielle, il est donc important de surveiller sa peau régulièrement. Voici quelques conseils pour préserver la santé de votre peau :

- Surveillez régulièrement votre peau

Il est essentiel de surveiller régulièrement votre peau et plus particulièrement à l’aspect de vos grains de beauté afin de détecter une modification de leur aspect. Pour cela vous pouvez vous aider de la règle ABCDE qui permet de reconnaître les signes d’un mélanome :

● A pour Asymétrie : lorsque le grain de beauté présente une forme asymétrique, avec une couleur et des reliefs non homogènes.

● B pour Bords irréguliers : lorsque le grain de beauté présente des bords mal délimités.

● C pour Couleur non homogène.

● D pour Diamètre augmentation de leur taille.

● E pour Évolution : lorsque le grain de beauté évolue rapidement au niveau de sa forme, taille ou encore sa couleur.

Il est recommandé d’examiner votre peau tous les trois mois environ et en particulier si vous présentez un niveau de risque de cancers cutanés plus élevé (5) (peau claire, nombreux grains de beauté et tâches de rousseur, antécédents familiaux, exposition au soleil prolongée,…).

- Consultez régulièrement votre dermatologue

Faites examiner votre peau régulièrement par un dermatologue, surtout si vous avez des antécédents familiaux de cancer de la peau ou si vous remarquez des changements inhabituels. Il est recommandé de se faire examiner une fois par an par un dermatologue suivant votre niveau de risque. Votre dermatologue effectuera un examen visuel de votre peau et notamment des grains de beauté pouvant être suspects, pour cela il pourra s’équiper d’un dermoscope (loupe éclairante et hautement grossissante). Si votre peau présente un grand nombre de grains de beauté, il pourra alors les photographier afin de suivre leur évolution.

- Protégez votre peau des rayons ultraviolets (UV)

Dans la majorité des cas, les UV sont responsables des cancers de la peau. Pour cela adoptez les bons réflexes pour vous en protéger : privilégiez l’ombre, évitez une exposition entre 12h et 16h, couvrez-vous, appliquez une protection contre le soleil indice 50 toutes les 2 heures.

Conclusion

La détection précoce des cancers de la peau est cruciale pour améliorer les chances de guérison, notamment dans le cas des mélanomes. Avec une incidence croissante depuis 1980, attribuée en grande partie à l'exposition au soleil, la surveillance régulière de la peau et les consultations dermatologiques sont des mesures essentielles pour prévenir, détecter et traiter efficacement ces cancers cutanés.

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Maladies
Le Cancer de la peau
Les cas de cancer de la peau ont triplés depuis 30 ans. Il est important de protéger sa peau et son capital soleil. Nous vous expliquons ce qu’est un cancer de la peau, quels sont les différents types de cancers de la peau et comment le diagnostiquer.

Qu’est-ce qu’un cancer de la peau ?

Un cancer de la peau est une prolifération excessive et incontrôlée de cellules de la peau. Cette croissance pathologique résulte de dommages sur l’ADN qui provoquent des mutations cellulaires menant à la formation d’une tumeur maligne.

Il existe plusieurs types de cancers de la peau, aussi nommés cancers cutanés.

● Les carcinomes sont les plus fréquents et représentent 90 % des cancers cutanés diagnostiqués en France. Ils se développent à partir de cellules de la peau appelées kératinocytes et apparaissent principalement après 50 ans.

Deux formes de carcinomes se distinguent :

- Les carcinomes dits « basocellulaires » sont des lésions dont la malignité n’est que locale. Ils n’engendrent pas de métastases, cela signifie qu’ils ne se propagent pas aux autres organes.

- Les carcinomes « spinocellulaires » ou « épidermoïdes » sont beaucoup plus rares. Ils ont la capacité de provoquer des métastases s’ils ne sont pas pris en charge.

● Les mélanomes sont des tumeurs se formant à partir des mélanocytes : des cellules de la peau produisant la mélanine (pigment colorant de la peau). Cette forme représente 10 % des cancers cutanés. Elle est considérée comme la plus grave, car plus agressive, c’est-à-dire qu’elle évolue plus facilement en métastase.

Quels sont les facteurs de risque du cancer de la peau ?

Le rôle de la prévention est important, en effet plusieurs facteurs sont susceptibles d’augmenter le risque de survenue d’un cancer cutané.

L’exposition aux UV (rayons ultraviolets) joue un rôle crucial dans sa survenue. En effet, on estime qu’environ deux tiers des cancers de la peau seraient imputables à une exposition excessive aux UV, qu’ils soient d’origine naturelle (soleil) ou artificielle (cabines de bronzage). Des coups de soleil pendant l’enfance ou des expositions solaires répétées constituent un facteur de risque notable.

Par ailleurs, certaines caractéristiques individuelles augmentent le risque de cancers de la peau. La couleur de la peau, des yeux et des cheveux influence le niveau de menace : plus ils sont clairs, plus la personnes est considérée comme vulnérable. Un grand nombre de grains de beauté ou des antécédents familiaux ou personnels de cancers cutanés majorent également la susceptibilité au cancer de la peau.

Certains facteurs environnementaux favorisent l’apparition du cancer de la peau, en particulier une exposition répétée et importante aux rayons ionisants, tels que les rayons X ou gamma (utilisés en radiologie médicale). De même, le contact régulier avec certaines substances chimiques, comme l’arsenic et les dérivés de goudron, constitue un risque.

Quels sont les symptômes du cancer de la peau ?

Les lésions varient selon les types de cancers cutanés. Elles peuvent apparaître sur n’importe quelles zones du corps, cependant elles sont plus fréquentes sur celles exposées au soleil.

La lésion cancéreuse peut se développer à partir d’un grain de beauté existant ou bien prendre naissance sur une peau dite « normale ».

Elle peut revêtir l’aspect d’une plaie qui ne guérit pas, d’une croûte ou encore d’un bouton persistant.

Un grain de beauté qui se démarque des autres par son apparence singulière, tel un « vilain petit canard », constitue un indicateur préoccupant. En effet, une personne présente habituellement un type de grains de beauté identique sur tout le corps.

Pour identifier les signes suspects, la méthode ABCDE constitue un outil précieux. Il s’agit de rechercher parmi les grains de beauté ces caractéristiques :

- A pour Asymétrie : grain de beauté ni rond, ni ovale, relief irrégulier ;

- B pour Bords irréguliers ;

- C pour Couleur non homogène ;

- D pour Diamètre supérieur à 5 mm ;

- E pour Évolution dans le temps (couleur, taille, forme, épaisseur).

La présence d’un ou plusieurs de ces critères n’impliquent pas automatiquement l’existence d’un cancer de la peau. Cependant, cela justifie une consultation médicale rapide.

Comment diagnostique-t-on le cancer de la peau ?

Auto-examen régulier

Il est essentiel d’examiner régulièrement sa peau et ses grains de beauté pour identifier tout changement ou caractéristique inhabituelle qui pourraient évoquer un cancer cutané.

Un auto-examen régulier améliore significativement le pronostic des cancers de la peau. Plus vite la tumeur est détectée, plus les chances de guérison seront élevées.

Astuce de surveillance : prenez régulièrement des photos de votre peau. Ces clichés serviront de référence pour observer et comparer l’évolution des grains de beauté au fil du temps.

Consultation chez un professionnel de santé

En complément de l’auto-examen régulier, le médecin traitant ou le dermatologue inspecte la peau sur l’ensemble du corps.

Le dermatologue utilise un dermatoscope, un instrument grossissant, afin d’observer avec précision les détails de la peau.

Biopsie : analyse détaillée de la lésion

En cas de besoin, le dermatologue peut réaliser une biopsie pour confirmer ou infirmer le diagnostic de cancer de la peau.

Cette procédure consiste à prélever un échantillon de l’anomalie, ou toute la lésion, sous anesthésie locale. Les tissus sont alors analysés au microscope pour une évaluation précise (analyse anatomopathologique).

Quel traitement pour un cancer de la peau ?

En cas de diagnostic positif pour un cancer de la peau, diverses stratégies thérapeutiques peuvent être envisagées.

Le choix du traitement dépendra du type, de la taille, de la localisation et de la profondeur de la tumeur ainsi que des conditions physiques et de l’âge du patient.

La plupart des cancers de la peau sont traités par chirurgie.

Elle vise à éliminer totalement les cellules malignes pour prévenir la propagation et les récidives. Le chirurgien retire la lésion cancéreuse avec une marge de tissu sain environnant par sécurité. Dans certains cas, l’ablation d’un ganglion sentinelle complète l’exérèse de la tumeur.

Pour les lésions superficielles et peu étendues, la cryothérapie est un traitement parfois proposé. Elle consiste à « brûler » par le froid les cellules cancéreuses.

Dans certains cas particuliers, la radiothérapie constitue une possibilité de traitement. Elle détruit les lésions malignes grâce à des rayons (X, gamma, photons ou électrons).

En cas de métastases, de nouveaux traitements émergent, ils offrent des options souvent moins toxiques et peuvent être plus efficaces que les chimiothérapies traditionnelles :

les thérapies ciblées attaquent spécifiquement les altérations des cellules cancéreuses tandis que l’immunothérapie active le système immunitaire pour lutter contre les cellules tumorales.

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Isabelle, diagnostiquée de la maladie de Parkinson à 45 ans
Témoignage d'Isabelle, diagnostiquée de la maladie de Parkinson en 2013 lors d’une consultation chez un neurologue pour une douleur au pouce qui persistait. Découvrez ce témoignage remplit de résilience et d’acceptation.

Peux-tu te présenter ?

Je me prénomme Isabelle. J’ai 4 enfants et 2 petites filles de 8 et 4 ans. Je vis à Luriecq, une petite commune dans le département de la Loire (42) en région Auvergne-Rhône- Alpes.

Quand et comment as-tu appris que tu étais atteinte de la maladie de Parkinson  ?

J’ai été diagnostiqué en 2013 lors d’une consultation chez un neurologue pour une douleur au pouce gauche qui persistait. Peut-être un problème de canal carpien.

Alors que je boutonnais ma chemise avec difficulté, le spécialiste s’en inquiéta. Je lui ai répondu que depuis quelques mois je tremblais un peu de la main gauche et que je rencontrais des difficultés avec les gestes fins. Mais que mon généraliste m'avait dit qu’il s’agissait de tremblements essentiels et qu’il n’y avait pas de traitement.

Aussitôt le neurologue m’annonça qu’il penchait plus pour un syndrome parkinsonien et qu’il me prescrivait un DatScan (examen cérébral) pour éliminer d’autres pathologies. « On se revoit dès que vous avez fait l’examen. Au revoir Madame ».

Dès que je suis rentrée à la maison, j’ai cherché des informations sur internet.  Je me suis vite rendu compte que je devais faire un tri, car je ne correspondais pas du tout à ce que je pouvais lire. Tout ramenait à des personnes de plus de 70 ans, à du handicap moteur assez lourd.

Je n’ai à ce moment-là que 45 ans. Je suis active. Je décide donc de me donner à fond dans mon travail, de profiter de tous les moments possibles avec ma famille. Comme si je n’avais pas de temps à perdre.

Quels impacts la maladie a-t-elle eu sur ton quotidien?

Pendant huit années environ, la maladie ne me gênera pas plus que ça. A l’heure actuelle, les symptômes les plus gênant pour moi sont la fatigue extrême et les douleurs que j’essaie de gérer au mieux avec de l’activité physique quotidienne. Yoga tous les jours à la maison à l’aide de tutos sur internet, et une fois par quinzaine à l’Association Groupant les Parkinsoniens de la Loire (AGPL) dont je suis adhérente, escalade en salle 1 ou 2 fois par semaine et randonnées dès que je peux.

La maladie de Parkinson a eu un impact social positif dans un premier temps, car je me suis investi énormément dans des activités en lien avec mon travail. J’ai pris des responsabilités au sein du CSE de mon entreprise et dans la défense des salariés. J’ai acquis de nouvelles compétences, j'ai élargi mon réseau de connaissances.  Avec du recul, j’ai fait l’autruche. Il y a eu des conséquences à cela, car j’ai fait passer en second plan ma relation amoureuse qui a volé en éclat.

Au printemps 2023, j’ai eu besoin de prendre du recul. Je suis partie sur le Chemin de Compostelle. J’ai parcouru plus de 900 km à pied.  

Aujourd’hui, je continue à avoir beaucoup d’activités car j’en ai besoin mais j’ai abandonné l’autruche. J’ai la chance d’avoir des enfants qui me soutiennent et qui acceptent ma soif de vivre les choses à fond et participent même à quelques challenges, par exemple le Chemin de Compostelle puisqu’ils sont venus à tour de rôle sur quelques étapes.

Pour synthétiser, le soutien de ma famille, l’activité physique, et entretenir des relations sociales saines font un combo qui me permet de garder le moral et de vivre au mieux avec la maladie.

Il y a un peu moins de deux ans, j’ai poussé la porte de l’Association Groupant les Parkinsoniens de la Loire (AGPL) dont les locaux sont à Saint Etienne, à une trentaine de km de chez moi. J’y ai trouvé des personnes qui « parlent le même langage que moi » : même si la plupart du temps on ne parle pas de la maladie mais on y trouve un sourire, une main, une activité. J’ai la chance de pouvoir donner du temps à l’association comme bénévole ce qui me permet de rendre un peu de ce qu’elle m’apporte.

Plus je m’investis dans le bénévolat, plus je me confronte à des idées fausses ou des stéréotypes concernant la maladie. Bon nombre d’entre nous, y compris des soignants, pensent que c’est une maladie réservée aux personnes âgées et que le tremblement est le principal symptôme ou encore qu’il s’agît d’une maladie rare.

Il faut savoir que la maladie de Parkinson est la deuxième maladie neuro dégénérative après la maladie d’Alzheimer. C’est aussi la deuxième cause de handicap moteur chez l’adulte après les AVC. En France, il y a plus de 270 000 malades dont 17% ont moins de 50 ans. Près d’un malade sur deux est diagnostiqué vers 58 ans donc encore actif. On compte par ailleurs 25 000 nouveaux cas par an. Ce qui n’en fait pas une maladie rare.

Comment envisages-tu l’avenir avec Parkinson ?

Je n’envisage pas l’avenir avec Parkinson. Je vis au jour le jour en mettant tout en œuvre pour que la maladie ne progresse pas trop vite.

Pour un futur assez proche, je pense neuro-stimulation profonde ce qui me permettrait de gagner en qualité de vie pendant 10 à 15 ans.

Difficile de prodiguer des conseils aux personnes malades. On est tellement différents les uns des autres dans nos symptômes, nos ressentis.

S’il n’y en avait qu’un, ce serait bouger autant que possible, pratiquez du sport si vous pouvez sinon continuer à faire un peu de ménage, un petit bout de promenade le long du couloir de votre maison, allez voir vos amis…. En plus ça aère la tête donc on déprime moins.

En ce qui me concerne je repars sur le Chemin de Compostelle le 20 avril 2024 de Navarrenx jusqu’à Santiago en Espagne. Eh oui ! L’an dernier je devais marcher les 1600 km mais une blessure m’a obligé à rentrer chez moi. Je repars donc pour environ 900 km. Si vous voulez me suivre : page Facebook et Instagram : Mon chemin avec Parkinson. Merci à ceux qui me laisseront un petit message.

Je remercie www.mapatho.com et www.objectif-autonomie.fr de m’avoir permis de témoigner sur cette maladie.

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Infographie : la maladie de Parkinson
Comprendre la maladie de Parkinson en une image.
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Maladie de Parkinson : quelles conséquences sur le quotidien ?
Touchant 170 000 Français, la maladie de Parkinson, trouble neurodégénératif affectant la mobilité et l’humeur, est détaillée dans cet article, abordant diagnostic, symptômes, et impact quotidien.

La maladie de Parkinson est la deuxième cause de handicap moteur chez les adultes après les accidents vasculaires cérébraux. Elle affecte environ 170 000 personnes en France et concerne également les personnes âgées de moins de 50 ans, qui représentent 17% des patients. Dans cet article, nous aborderons les symptômes et les effets de cette maladie neurodégénérative ainsi que l'impact sur la vie quotidienne des personnes atteintes.

Diagnostic, symptômes et évolution de la maladie

La maladie de Parkinson est un trouble neurodégénératif progressif qui affecte principalement le système nerveux central. Elle se caractérise par la diminution de la production de dopamine, un neurotransmetteur (substance chimique transmettant les signaux entre les neurones) essentiel pour le contrôle des mouvements et la régulation de l'humeur.

Le diagnostic de la maladie de Parkinson est principalement basé sur l'observation des symptômes caractéristiques et l'exclusion d'autres causes possibles (démence à corps de Lewy, syndrome parkinsonien, etc.). Les symptômes courants de la maladie de Parkinson comprennent :

- La rigidité musculaire,

- Les tremblements,

- La lenteur des mouvements,

- Les problèmes d’équilibre.

Il est important de noter que le diagnostic de la maladie de Parkinson peut être complexe et peut nécessiter la consultation de plusieurs spécialistes. Un diagnostic précoce et précis permet d'initier rapidement un traitement approprié pour aider à atténuer les symptômes et à améliorer la qualité de vie du patient.

De plus, la maladie de Parkinson est une affection progressive qui débute avant même l'apparition des symptômes. Durant cette période, le cerveau compense les pertes neuronales grâce à sa plasticité (capacité d’adaptation du cerveau lui permettant de se « remodeler »).

Certains signes annonciateurs peuvent cependant être observés, tels que l'augmentation de la fatigue ou des difficultés de concentration.

Lorsque le diagnostic de maladie de Parkinson est avéré, un traitement est mis en place. Celui-ci permet une amélioration très nette pendant un certain temps. Durant cette période, appelée « lune de miel », les symptômes diminuent fortement et la qualité de vie du patient est grandement améliorée. Cette phase peut durer jusqu’à 10 ans. Lorsque celle-ci s’achève, des effets dits « On-Off » apparaissent. Lorsque l’effet du médicament est à son pic, c’est la phase « On », où le patient a moins de difficultés motrices, avec cependant des dyskinésies (mouvements involontaires anormaux). Les phases « Off » se caractérisent par des symptômes moteurs aggravés, (blocages, grande difficulté à la marche, risque très élevé de chute), entre 2 prises de médicaments. Le traitement doit donc être réparti de façon plus fréquente sur la journée afin d’éviter les phases « Off ».

Impact sur la vie quotidienne et adaptation

Le maintien à domicile

Le maintien à domicile des patients atteints de la maladie de Parkinson est à la fois un défi complexe, mais aussi un objectif essentiel. Il implique une approche multidisciplinaire visant à assurer un environnement sûr et favorable au bien-être de la personne.

Des adaptations du domicile telles que des rampes d'accès, des barres d'appui et des dispositifs d'aide à la mobilité sont souvent nécessaires pour faciliter la vie quotidienne. De plus, une assistance médicale, paramédicale et sociale régulière, comprenant des soins infirmiers, une rééducation et un soutien psychologique, est cruciale pour répondre aux besoins changeants des patients et de leurs proches aidants. En favorisant le maintien à domicile, on encourage l'autonomie et la dignité des patients atteints de la maladie de Parkinson, tout en leur offrant un cadre familier, sécuritaire et rassurant.

Poursuivre ses projets de vie et ses loisirs

Sport et maladie de Parkinson, quels bénéfices? Il est important pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson de maintenir leurs activités et leurs projets de vie, car cela a un impact bénéfique sur leur motivation, leur confiance en soi et leurs capacités. Les activités physiques, même modérées, sont particulièrement intéressantes car elles favorisent la libération de dopamine (messager chimique lié au plaisir, la motivation, la récompense) et améliorent les fonctions cognitives et motrices.

Accompagnement et prise en charge

La prise en charge et le traitement de la maladie de Parkinson sont multidisciplinaires, incluant notamment la médication, la rééducation par la kinésithérapie, l'orthophonie et l'ergothérapie, ainsi que le soutien psychologique. Le rôle des proches et des aidants est également crucial pour aider les personnes atteintes à s'adapter à leur nouvelle vie et à gérer au mieux la maladie.

De plus, dans la maladie de Parkinson, la stimulation physique et cognitive revêt une importance cruciale pour atténuer les symptômes et améliorer la qualité de vie des patients. L'exercice physique régulier aide à renforcer les muscles, à améliorer l'équilibre et la coordination, et à ralentir la progression de la maladie.

En parallèle, la stimulation cognitive, à travers des activités telles que des jeux de mémoire, des puzzles et des conversations stimulantes, contribue à maintenir les fonctions cérébrales et à préserver l'indépendance fonctionnelle. Cette approche globale, combinant exercices physiques et mentaux, offre un soutien essentiel aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson, favorisant ainsi une meilleure qualité de vie et une gestion plus efficace des symptômes.

La maladie de Parkinson peut-elle être ralentie ?

Cette question est au cœur de nombreuses recherches et discussions dans le domaine médical. Bien qu'il n'existe actuellement aucun traitement curatif pour cette maladie neurodégénérative, certaines thérapies médicamenteuses et interventions chirurgicales peuvent en effet aider à atténuer les symptômes et à ralentir sa progression. Ainsi, poursuivre les recherches est crucial pour développer de nouvelles approches thérapeutiques visant à ralentir davantage la progression de la maladie.

Améliorer le quotidien des Parkinsoniens : nos conseils

Pour améliorer le quotidien des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, plusieurs conseils pratiques peuvent être précieux. Tout d'abord, maintenir une routine quotidienne régulière peut aider à minimiser les fluctuations des symptômes.

Ensuite, l'exercice physique, modéré et régulier, adapté aux capacités individuelles, est bénéfique pour renforcer les muscles, améliorer l'équilibre et favoriser le bien-être général. De plus, l'utilisation de stratégies de gestion du temps et de l'organisation peut faciliter les activités quotidiennes.

Enfin, rester connecté avec des proches et rejoindre des groupes de soutien peut offrir un précieux soutien émotionnel, au patient comme à son entourage. En combinant ces conseils, il est possible d'améliorer significativement la qualité de vie des personnes vivant avec la maladie de Parkinson.

Conclusion

La maladie de Parkinson représente un défi complexe. Elle impacte bien évidemment les personnes touchées mais aussi leurs proches. Cependant, une approche multidisciplinaire axée sur la compréhension des symptômes, une organisation adaptée et un soutien à différents niveaux peut considérablement améliorer la qualité de vie des patients. Des ajustements dans divers aspects de la vie quotidienne, notamment pour le maintien à domicile, sont essentiels pour répondre aux besoins spécifiques des personnes atteintes de Parkinson.

De plus, l'importance de la stimulation physique et cognitive ne doit pas être sous-estimée. Celle-ci offre de réelles opportunités de progrès, notamment dans la gestion des symptômes et le bien-être général. Ainsi, en adoptant une approche globale, il est possible d'améliorer considérablement la qualité de vie des patients atteints de la maladie de Parkinson, leur permettant de vivre de manière plus autonome et plus digne.

Pour en apprendre davantage, n’hésitez pas à découvrir un témoignage sur la maladie de Parkinson.

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Maladies
Maladie de Parkinson : quelles activités sportives pratiquer ?
L’impact de l’activité physique sur la maladie de Parkinson, comprendre comment elle peut atténuer les symptômes et améliorer la qualité de vie des 170 000 Français touchés.

La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative résultant de la destruction progressive de neurones à dopamine dans le cerveau. Elle impacte plus de 170 000 personnes en France, entravant leur mobilité et leur qualité de vie. Face à la maladie, existe-t-il des activités sportives à pratiquer pour soulager ses symptômes ? Dans cet article, nous vous dévoilons comment les pratiques sportives et les activités physiques adaptées (APA) peuvent transformer positivement le quotidien des malades, soulignant leur importance cruciale dans le bien-être et la gestion de la maladie de Parkinson.

Parkinson : Symptômes et effets sur le quotidien des malades

La maladie de Parkinson se caractérise par une triade typique de symptômes : des tremblements au repos, une raideur musculaire et/ou des difficultés dans l’initiation et la coordination des mouvements. Les symptômes de la maladie peuvent ainsi entraver les activités quotidiennes des personnes atteintes, rendant des tâches simples de la vie comme s’habiller, écrire ou préparer un repas particulièrement complexes.

D’autres symptômes s’ajoutent à la triade, exacerbant les difficultés rencontrées au quotidien par les patients atteints de la maladie de Parkinson. On peut relever notamment des problèmes de sommeil, des troubles de l’équilibre, des troubles cognitifs, un état dépressif, des douleurs…

Avec l’évolution de la maladie, les manifestations deviennent progressivement handicapantes. Les symptômes de la maladie de Parkinson altèrent non seulement la mobilité et l’autonomie des personnes atteintes, mais aussi leurs interactions sociales, leur santé mentale et émotionnelle.

Les atteintes physiques et cognitives entravent peu à peu la capacité à exécuter des tâches nécessitant attention et coordination. Ainsi, des actions quotidiennes telles que la conduite ou la gestion des finances personnelles s’avèrent de plus en plus difficiles avec l’évolution de la maladie de Parkinson, minant l’indépendance et l’autonomie des personnes touchées.

De plus, les perturbations de l’équilibre et les difficultés cognitives intensifient le risque de chutes, compromettant la sécurité des patients.

Activité sportive, quels effets sur la maladie ?

Les effets remarquables de l’activité physique sur la maladie de Parkinson

La pratique d’une activité physique régulière joue un rôle crucial pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes par la maladie de Parkinson. En effet, l’activité physique agit sur des symptômes peu réceptifs aux traitements pharmacologiques, elle complète ainsi la prise en charge médicamenteuse et la rééducation.

Une pratique régulière d’activités physiques permet non seulement de retarder l’évolution de la maladie, mais aussi d’atténuer l’intensité des symptômes existants.

Les bienfaits de l’activité physique d’endurance se manifestent par une amélioration de la santé physique, de l’équilibre et de la vitesse de marche. Les exercices d’endurance jouent un rôle clé dans la prévention des chutes. De plus, ils améliorent significativement la qualité de vie des patients en réduisant notamment les symptômes dépressifs.

Par ailleurs, les activités de renforcement musculaire enrichissent cette dynamique en améliorant l’équilibre, la puissance musculaire et les capacités de mouvement.

La pratique régulière d’activité physique malgré la maladie permet d’améliorer le sommeil et de diminuer les douleurs. Elle favorise également l’attention et développe la coordination des mouvements.

Sur le plan psychologique, les activités sportives pratiquées en groupe offrent un soutien émotionnel précieux. Elles augmentent le sentiment d’appartenance tout en réduisant l’isolement social des patients.

Le rôle préventif de l’activité physique

Au-delà de ces bienfaits immédiats, l’activité physique se révèle jouer un rôle de prévention contre la maladie de Parkinson. En effet, des études ont montré que les personnes pratiquant régulièrement une activité sportive présentaient un moindre risque de souffrir de la maladie.

Particulièrement révélatrice, une publication dans Neurology en 2023 met en lumière les effets bénéfiques significatifs de l’activité physique dans la prévention de la maladie de Parkinson chez les femmes.

Cette étude approfondie, s’étendant sur 29 ans et impliquant 100 000 participantes, révèle une corrélation marquée entre un niveau élevé d’exercice physique et une diminution du risque de développer la maladie de Parkinson.

Les femmes les plus actives bénéficiaient d’un risque de maladie réduit d’environ 25 % par rapport aux moins actives. Cet avantage préventif se manifestait déjà plus de 20 ans avant le diagnostic, suggérant un effet protecteur à très long terme de l’activité physique sur la maladie chez les femmes.

Maladie de Parkinson, quel sport privilégier ?

Toutes les disciplines sportives n’ont pas été spécifiquement étudiées dans le contexte de la maladie de Parkinson. Notons que l’acte de bouger en soi constitue déjà une victoire significative.

Parmi l’éventail d’options disponibles, certains sports se révèlent particulièrement bénéfiques pour les patients atteints de la maladie de Parkinson. Ils ont un effet notable sur la marche, l’équilibre et l’amélioration de la résistance musculaire et cardio-respiratoire.

Ainsi, dès le diagnostic, la marche, le footing, la danse, la natation ou encore le taï-chi apparaissent bénéfiques. Des études ont démontré que le taï-chi améliore la marche et l’équilibre dès 1 heure de pratique 2 fois par semaine pendant 24 semaines.  

La pratique d’activité physique régulière telle que le yoga améliore l’équilibre lors de la marche et réduit le freezing (incapacité temporaire et involontaire de bouger), très éprouvant pour les personnes atteintes par la maladie.

La pratique de la danse (indépendamment de l’intensité et du type de danse) a un effet significativement positif sur l’équilibre et les distances de marche parcourues par des patients atteints de la maladie. De plus, la danse affine la coordination et améliore aussi l’attention grâce à la musique et au rythme.

Une recherche spécifique sur le tango révèle son intérêt dans la réduction des épisodes de freezing.

La marche nordique semble être un sport prometteur capable d’augmenter la vitesse, la distance parcourue et l’équilibre. Toutefois, des études supplémentaires sont requises pour confirmer ces bienfaits.

Le ping-pong s’avère être une activité particulièrement utile pour lutter contre les effets du recroquevillement, améliorer l’amplitude des mouvements, ainsi que renforcer l’équilibre, la coordination, et la concentration. Cette efficacité a été soulignée par un partenariat entre l’association France Parkinson et la Fédération française de tennis de table.

D’une manière générale, il est essentiel de choisir une discipline qui favorise à la fois l’épanouissement physique et le plaisir de la pratique de l’activité sportive. Cette approche permet de maintenir une bonne motivation, encourageant une pratique régulière, fondamentale à l’amélioration du bien-être global.

Activité physique adaptée (APA) et maladie de Parkinson

En complément d’une activité physique régulière, le médecin prescrit un programme d’APA (Activité physique adaptée). Il joue un rôle clé dans le traitement de la maladie de Parkinson, offrant une série d’exercices personnalisés conçus par des spécialistes.

L’APA se distingue non seulement par son impact positif sur les capacités motrices, mais aussi par son rôle crucial dans la prévention des complications associées à la maladie. Les spécialistes conçoivent des séances adaptées au patient visant à améliorer la mobilité tout en stimulant les fonctions cognitives et sensorielles.

Ces séances sont proposées en groupe ou en individuel. Elles sont encadrées par des professionnels spécialement formés à l’accompagnement de pathologies telles que la maladie de Parkinson : masseurs-kinésithérapeutes, psychomotriciens, ergothérapeutes ou encore des personnes formées en STAPS (Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives) ayant complété leur parcours par une formation en santé spécifique.

Les patients bénéficient d’un accompagnement personnalisé à travers un éventail d’exercices physiques et d’activités ciblées allant du renforcement musculaire aux entraînements axés sur l’endurance, en passant par des exercices de souplesse, d’équilibre, et de coordination à la marche.

La mise en place des activités physiques adaptées, véritables « sport santé », est progressive et adaptée au patient. Le niveau d’activité physique et le type de tâches sont finement ajustés pour répondre aux besoins individuels et aux défis rencontrés.

Conclusion

L’activité physique joue un rôle crucial dans la gestion de la maladie de Parkinson, offrant des bienfaits remarquables tels que l’amélioration de la qualité de vie, le ralentissement de l’évolution de la pathologie et l’atténuation des symptômes.

L’adoption d’un style de vie actif sert simultanément de stratégie préventive et de renfort thérapeutique essentiel pour les personnes malades.

Les activités sportives et les programmes d’activité physique adaptée (APA) enrichissent ce mode de vie dynamique contribuant à l’amélioration significative de la qualité de vie et du bien-être des personnes atteintes par l’affection.

Pour en apprendre davantage, n’hésitez pas à découvrir un témoignage sur la maladie de Parkinson.

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Maladies
La maladie de Parkinson : de quoi s'agit-il ?
Explorant la maladie de Parkinson, cet article détaille la destruction neuronale et les symptômes moteurs et non moteurs, soulignant l’importance du diagnostic et des traitements pour améliorer la vie des patients.

Saviez-vous que la maladie de Parkinson est le deuxième trouble neurologique dégénératif le plus courant, juste après la maladie d’Alzheimer ? Cette pathologie progressivement invalidante affecte plus de 170 000 personnes en France. Ensemble, explorons ses mystères : de ses premiers signes aux options thérapeutiques, sans oublier les adaptations nécessaires pour améliorer la qualité de vie des malades.

Qu’est-ce que la Maladie de Parkinson ?

La maladie de Parkinson est une affection neurologique dégénérative chronique.

Elle se caractérise par la destruction progressive des neurones à dopamine (une molécule servant de messager entre les neurones), dans une zone du cerveau appelée « substance noire ».

La maladie affecte également d’autres réseaux neuronaux, ce qui expliquerait la résistance au traitement et l’apparition de symptômes qui ne sont pas directement liés à la carence en dopamine.

Les origines exactes de la maladie demeurent incertaines.

Le processus de vieillissement, qui entraîne naturellement une dégradation neuronale, constitue le principal facteur de risque. Cependant, des cas précoces de la maladie existent, survenant avant l’âge de 50 ans. Ils sont le plus souvent dus à une maladie génétique rare.

Par ailleurs, les études soulignent l’influence significative des conditions environnementales sur le développement de la maladie. En zone rurale, l’exposition aux pesticides est fréquemment incriminée, tandis que dans les milieux industriels, les expositions prolongées à des solvants organiques et aux métaux lourds tels que le mercure, le plomb et le cadmium sont considérées comme facteurs de risque.

Remarque : La maladie de Parkinson est aujourd’hui reconnue comme maladie professionnelle du régime agricole en raison du risque avéré lié à l’exposition aux pesticides et à d’autres substances employées en agriculture, notamment les biocides et les produits antiparasitaires vétérinaires.

Quels sont les symptômes de la maladie de Parkinson ?

La maladie de Parkinson débute de manière souvent imperceptible. Les premiers signes cliniques se manifestent lorsque 50 à 70 % des neurones producteurs de dopamine sont détériorés. À ce stade, le cerveau ne parvient plus à compenser la perte.

Une période « pré-symptomatique » peut ainsi s’étendre sur de nombreuses années.

La maladie est typiquement caractérisée par une triade de symptômes moteurs :

- le tremblement au repos ;

- l’akinésie, qui se traduit par des difficultés à initier les mouvements ainsi qu’une lenteur et une pauvreté dans leur réalisation (marche lente et hésitante, visage pauvre en mimiques, problème dans les activités fines : écriture, boutonnage…) ;

- l’hypertonie, qui correspond à une rigidité excessive des muscles. Elle peut entraîner des douleurs et altérer la posture.

Ces symptômes ne se manifestent pas simultanément et varient en intensité.

Les signes initiaux de la maladie affectent généralement un seul côté du corps et deviennent progressivement bilatéraux, tout en gardant une asymétrie marquée, avec une intensité plus élevée d’un côté.

De plus, chez 70 % des malades, l’affection s’accompagne d’autres symptômes non moteurs, reflétant sa complexité : troubles de l’équilibre, troubles cognitifs, problèmes de sommeil, douleurs, état dépressif, fatigue, perte d’odorat (anosmie)…

L’affection s’aggrave au fil du temps, devenant petit à petit invalidante. Les troubles compromettent la qualité de vie, l’indépendance et réduisent la vie relationnelle et professionnelle du malade.

Comment se faire diagnostiquer ?

Le diagnostic de la maladie de Parkinson est complexe. En effet, les symptômes ne sont pas spécifiques de la maladie, et varient d’une personne à l’autre.

Le diagnostic s’appuie principalement sur un ensemble d’évaluations cliniques (examen et interrogatoire). Aucun test biologique ou imagerie médicale n’offre une confirmation absolue du diagnostic.

Dans certains cas, le recours à des examens d’imagerie cérébrale tels que l’IRM ou le scanner cérébral aide à affiner le diagnostic en éliminant la possibilité d’autres maladies.

Une réponse positive à un traitement augmentant la dopamine, associée au caractère évolutif de l’incapacité, contribue à renforcer le diagnostic initial.

Maladie de Parkinson, quelle prise en charge ?

La maladie de Parkinson nécessite une prise en charge multidisciplinaire intégrant neurologues, médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, etc.

Son approche globale combine traitements médicamenteux et interventions non pharmacologiques. L’évolution de l’affection requiert une adaptation continue des soins, basée sur une coordination étroite entre les divers professionnels de santé (en milieu hospitalier, en pratique libérale ou à domicile). Leur collaboration optimise à la fois le bien-être des patients et de leurs proches.

Les associations de patients jouent également un rôle clé dans le soutien indispensable, renforçant le réseau d’aide autour du malade.

Maladie de Parkinson, quels traitements ?

Les traitements médicamenteux prescrits ne guérissent pas l’affection et n’empêchent pas l’avancée de la détérioration neuronale.

Ils visent à atténuer les symptômes moteurs en palliant le manque de dopamine dans le cerveau.

Le neurologue et le médecin généraliste choisissent les traitements adaptés en considérant l’âge du malade et l’impact de la maladie de Parkinson sur ses activités quotidiennes.

La thérapie est continuellement ajustée en fonction de l’évolution de la maladie. À un stade avancé, lorsque les traitements oraux deviennent insuffisants, d’autres options sont proposées en complément, comme des perfusions sous-cutanées de médicaments ou encore la Stimulation Cérébrale Profonde. Cette neurochirurgie consiste à stimuler des zones cérébrales spécifiques grâce à la pose d’électrodes dans le cerveau.

Soins de support ?

Des mesures supplémentaires, parallèlement aux traitements spécifiques, contribuent à améliorer la qualité de vie des personnes touchées par la maladie de Parkinson.

- La rééducation joue un rôle crucial, notamment la kinésithérapie. Elle aide à maintenir la mobilité, l’équilibre et à prévenir les chutes.

- La pratique d’une activité physique régulière, combinée à la kinésithérapie, influence significativement l’évolution de la maladie. Retrouvez davantage d’information sur les relations entre sport et maladie de parkinson.

- L’intégration de l’Activité Physique Adaptée (APA) est également essentielle, proposant des exercices sur mesure qui respectent les limites et les besoins spécifiques de chaque individu.

- L’orthophonie participe à la prévention et la correction des troubles cognitifs, des difficultés de parole et de déglutition ainsi qu’aux problèmes d’écriture.

- L’ergothérapie favorise l’autonomie du malade en rendant plus aisées les activités quotidiennes et domestiques.

- Un accompagnement psychologique est également crucial tant pour les patients que pour leurs proches.

Cette approche globale et multidisciplinaire vise à accompagner efficacement les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, assurant une gestion optimisée de leur état de santé.

Elle se focalise sur la préservation de la qualité de vie et de l’autonomie des patients, contribuant significativement à l’amélioration de leur bien-être général.

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Maladies
La psychothérapie permet-elle de soigner la dépression ?
La prise en charge de la dépression peut impliquer une combinaison de thérapies et notamment la psychothérapie. Et si on faisait le point sur les différentes thérapies ?

La dépression (aussi appelée trouble dépressif) est une maladie psychique ayant des répercussions significatives sur la vie des patients. La prise en charge de la dépression peut impliquer une combinaison de thérapies et de médicaments. Parmi ces approches, la psychothérapie émerge comme l’une des voies prometteuses pour aider ceux qui souffrent de cette maladie complexe.

La dépression : un trouble mental complexe

La dépression est un trouble mental fréquent qui toucherait 15 à 20% de la population mondiale au cours de sa vie. (1) L’OMS (Organisation mondiale de la Santé) caractérise la dépression par « une tristesse persistante et un manque d’intérêt ou de plaisir pour des activités auparavant enrichissantes ou agréables ». (2) Contrairement à la déprime, marquée par des phases passagères de tristesse, baisse de moral, manque d’énergie ou encore de découragement lié le plus souvent à des évènements et ne durent pas, la dépression trouve ses origines dans des mécanismes complexes encore mal connus.

Cependant trois facteurs sont identifiés et mis en cause dans le trouble dépressif : les facteurs sociaux, psychologiques et biologiques. Certains événements de la vie (deuil, perte d'emploi, conflits familiaux, expériences traumatiques dans l'enfance) (3) ou encore la consommation de substances nocives et le manque d’activité physique peuvent favoriser l’apparition de troubles dépressifs. De plus, la vulnérabilité individuelle joue un rôle, les chercheurs tentent de comprendre pourquoi certaines personnes sont plus vulnérables que d’autres à la dépression et il apparaît qu’elle soit en partie liée à des prédispositions génétiques.

D’un point de vue biologique (4), la dépression résulte d’un dysfonctionnement au niveau cérébral et plus particulièrement au niveau de la transmission de l’information d’un neurone (cellule nerveuse) à un autre. Lors de cette transmission, le neurone rejette des molécules (appelées neurotransmetteurs) qui vont être alors captées par le neurone récepteur. Un dérèglement dans la production mais également dans la capture de trois neurotransmetteurs serait à l’origine de la dépression :

  • la sérotonine ayant pour fonction principale d’équilibrer le sommeil, l’appétit et l’humeur
  • la dopamine responsable de la régulation de l’humeur
  • la noradrénaline régulatrice de l’attention et du sommeil

Il est important de noter que la dépression est une condition complexe, que les causes sont multifactorielles et qu’elles sont liées à l’interaction de plusieurs de ces facteurs.

Quel type de psychothérapie choisir ?

La prise en charge de la dépression peut impliquer une combinaison de thérapies et notamment la psychothérapie. Celle-ci offre une voie durable pour surmonter un épisode dépressif, elle est dispensée par un psychiatre ou un psychologue. La psychothérapie est basée sur des moyens psychologiques et notamment par la parole. Elle permet de qualifier les pensées, les ressentis, mais elle peut aussi aider à identifier et à changer les schémas de pensée négatifs. Pour qu'elle produise des résultats, il est essentiel qu'une relation de confiance s’installe entre le patient et le professionnel de santé.

La psychothérapie psychanalytique

La psychothérapie psychanalytique est l’une des méthodes de référence, elle s’inspire notamment de la psychanalyse. L’objectif de cette approche est d’opérer une transformation profonde et durable par la parole (5). Cette approche est utilisée comme outil de (re)construction du patient.

La psychothérapie cognitive ou comportementaliste (TCC)

La psychothérapie cognitivo-comportementale constitue l’un des traitements de première intention. L’approche cognitive vise à explorer les processus mentaux inconscients qui influent sur les pensées, les émotions et les comportements du patient (5). Elle permet d’identifier et de modifier les schémas et les comportements de pensée négatifs afin d'améliorer le bien-être émotionnel du patient. Pour cela le psychiatre ou psychologue devra tout d’abord analyser les liens entre les pensées, l’environnement social et physique et les comportements non adaptés du patient.

La psychothérapie interpersonnelle (TIP)

La psychothérapie interpersonnelle constitue elle aussi l’un des traitements de première intention. Il s’agit d’une thérapie émotionnelle partant de l’hypothèse que les problèmes psychiques du patient trouvent leurs racines dans les difficultés inter-relationnelles. L’objectif est donc pour le thérapeute de donner à son patient des outils lui permettant de mieux gérer ses relations, et notamment par les quatre axes suivants : l’isolement, le conflit, le changement d’état (passage du statut de célibataire à conjoint, de couple sans enfants à parents, une perte, …) et le deuil. (6)

Séance de psychothérapie, comment ça se déroule ?

Le déroulé d’une séance de psychothérapie varie selon les thérapeutes et les méthodes. Chaque séance est unique et adaptée aux besoins du patient. Généralement la séance débute par un résumé de la précédente séance, puis d’un échange avec l'exploration des motifs de consultation et des pensées par la technique retenue par le thérapeute.  

Psychiatre ou psychologue : quel professionnel choisir ?

En santé mentale, on retrouve deux types de professionnels : le psychiatre et le psychologue. (7)

Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie, après le tronc commun de médecine, il a effectué quatre années durant lesquelles il s’est spécialisé dans les pathologies mentales ainsi que leurs traitements. Les psychiatres sont donc formés à la pose de diagnostic et à la prescription de médicaments adaptés aux besoins et la pathologie des patients. Pour consulter un psychiatre, vous n’avez pas besoin de passer par votre médecin traitant puisqu’il fait partie des médecins spécialistes du parcours de soins.

Le psychologue dispose d’un diplôme universitaire mais n’est pas médecin et n’est donc pas autorisé à prescrire des traitements. Les psychologues libéraux peuvent être conventionnés ou non avec la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de son lieu de résidence, cela impactera le remboursement de votre séance :

  • Lorsqu’il est conventionné avec la CPAM : le patient paye directement le psychologue à l’issue des séances (40€ première séance, 30€ pour les suivantes). L’assurance maladie prend en charge 60% du coût de la séance et la mutuelle 40%. De plus, dans le cadre du conventionnement, le psychologue doit répondre à certaines obligations d’exercice (libéral, centre de santé, maison de santé) et d’expérience (au moins 3 années d'expérience clinique) et de formation.
  • Lorsqu’il n’est pas conventionné avec la CPAM : les tarifs appliqués sont libres et non remboursés par l’assurance maladie. Selon les mutuelles, des options de prise en charge peuvent exister.

Avant de contacter un thérapeute, demandez des recommandations et conseils à votre médecin ou votre entourage. De plus dès les premières séances veillez à ce que l’alliance thérapeutique (collaboration entre le patient et le professionnel) corresponde à vos attentes et envisagez une alternative si le professionnel ne vous correspond pas.

Quelle est la durée d’une psychothérapie en cas de dépression ?

La durée d'une psychothérapie varie selon plusieurs facteurs tels que la sévérité de la dépression, la sensibilité du patient à la thérapie, la fréquence des séances, ou encore de la méthode thérapeutique utilisée. Le nombre de séances pouvant varier selon l’approche utilisée, avec en moyenne 40 séances pour la psychothérapie psychanalytique et 10 à 25 séances pour la psychothérapie cognitive ou comportementaliste. (5) En général, la psychothérapie peut s'étaler sur quelques mois à plusieurs années. Des discussions ouvertes avec le thérapeute aident à évaluer régulièrement les progrès et à ajuster la durée du traitement en conséquence.

Conclusion

La psychothérapie, par sa diversité d'approches, permet aux professionnels d’apporter des solutions adaptées aux besoins des patients, que ce soit en explorant les profondeurs de l'inconscient, en ajustant les schémas de pensée, ou en analysant les dynamiques interpersonnelles. La psychothérapie représente un élément essentiel dans la prise en charge de la dépression.  

Bibliographie :

(1) Inserm. Dépression, mieux la comprendre pour la guérir durablement

(2) Organisation Mondiale de la Santé. Dépression

(3) Ameli. Comprendre la dépression

(4) Institut du cerveau. Quels sont les mécanismes biologiques de la dépression ?

(5) Inserm. « Psychothérapie, trois approches évaluées » Une Expertise Collective de l’Inserm

(6) Association française de thérapie Interpersonnelle. La thérapie interpersonnelle

(7) Direction de l'information légale et administrative (Première ministre). Consultation d'un psychologue ou d'un psychiatre : quelle prise en charge ?

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Maladies
Infographie Le trouble dépressif
Comprendre le trouble dépressif en une image.
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Lou, 27 ans, témoigne de sa dépression
Lou, une jeune femme d’à peine 30 ans, nous partage son parcours avec la dépression et les clés qui lui ont permis de sortir de cette période de fragilité.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Lou, j’ai 27 ans et j’habite en région parisienne.

Tu as traversé une dépression il y a quelques mois, peux-tu nous partager un peu de ton parcours ?

J’ai toujours été une personne assez anxieuse et à l’adolescence j’avais une relation plutôt conflictuelle avec ma mère. Après mon bac, je suis donc partie faire mes études seule au Québec. Mes deux premières années là-bas ont été difficiles psychologiquement car j’étais loin de mes proches mais aussi, de mes repères et de tout ce que je connaissais auparavant. Je pense que cela a créé un terrain propice à l’arrivée de mon mal être.

Durant ma seconde année au Canada, j’ai rencontré un québécois avec lequel je me suis mise en couple, et installée un peu plus tard. Cette personne m’a aidée à mieux gérer ce mal être pendant un temps puis a été l’élément déclencheur de ma dépression…

Quels ont été les signes et les symptômes que tu as ressentis pendant cette période difficile ?

Il y a peut-être eu des signes que je n’ai pas vus et que je ne peux donc pas décrire. Le premier signe qui m’a vraiment frappée a été que je n’arrivais plus à sortir de mon lit (pour travailler, faire des courses ou même nourrir mon chat). Pour restituer les choses, c’était en période de confinement et je travaillais et étudiais de chez moi. Mon conjoint faisait partie des travailleurs essentiels et était donc absent la journée. J’ai tout fait pour essayer de dissimuler mes problèmes aux personnes qui m’entouraient (par exemple, 10 minutes avant que mon conjoint rentre le soir je mettais un réveil et m’habillais pour faire illusion).

L’anxiété vis-à-vis du confinement, ma relation de couple toxique et le fait d’être loin de mes proches n’ont fait qu’empirer mon mal être. Après 1 an, j’ai donc pris la décision de quitter mon conjoint et de rentrer en France en pensant que cela m’aiderait à avancer. Cependant, ma situation n’a pas évolué durant les deux années qui ont suivi et mon quotidien était : aucune énergie, tristesse constante, plus aucune envie. Je passais donc la majeure partie de mon temps au lit.

Quelles ont été les principales sources de soutien pour toi pendant cette étape ?

Ma seule source de soutien lorsque j’étais encore au Québec était mon chat. Il était d’ailleurs très heureux que je passe mes journées au lit avec lui. Je l’ai ramené en France avec moi et il a continué d’être mon repère durant mes trois années de dépression. J’ai également retrouvé mes proches lors de mon retour en France et leur présence m’a été d’un grand soutien.

Y a-t-il eu des moments ou des activités qui ont semblé atténuer les symptômes de dépression, même temporairement ?

Je réussissais à sortir ponctuellement avec des proches mais cela me demandait beaucoup d’énergie.

As-tu décidé de trouver de l’aide professionnelle ?

Plusieurs mois après mon retour en France, voyant que mon état ne s’améliorait pas, mes proches m’ont poussée à consulter mon médecin traitant pour lui parler de mon quotidien. Il m’a alors adressée à un psychiatre que j’ai mis du temps à aller consulter. Ce dernier a posé le diagnostic de la dépression et m’a prescrit un traitement.

Au départ, je n’ai pas cherché de l’aide professionnelle par moi-même car n’ayant pas de diagnostic officiel, je pensais seulement vivre une période de déprime passagère.

Quelles sont les choses que tu as pu mettre en place pour sortir de cette période ?

Pour ne pas dépendre indéfiniment de mes proches, j’ai dû reprendre une partie de ma vie en main. Cela a commencé par la recherche d’un travail. Tout s’est alors enchaîné plus vite que je ne l’avais anticipé : 1 mois après le début de mes recherches, je débutais un contrat.

Le fait d’avoir un travail, et donc des responsabilités, m’a forcée à reprendre un rythme de vie et à retrouver une certaine sociabilité. J’ai notamment fait la rencontre de deux collègues avec qui je me suis sentie assez à l’aise pour parler de ma dépression et cela m’a aidée à aller de l’avant.

Y a-t-il des changements dans ton mode de vie que tu as apportés afin de favoriser ton bien-être mental ?

J’essaie de rester entourée et de voir régulièrement mes proches pour garder le moral, j’ai mis en place une nouvelle routine grâce à mon travail qui m’offre une certaine stabilité au quotidien et j’ai déménagé pour évoluer dans un cadre plus propice à mon épanouissement personnel.

Comment gères-tu les périodes de doutes, de stress dorénavant ?

Le stress reste un de mes plus grands enjeux pour ne pas rechuter. Je n’arrive pas toujours à le gérer et c’est pourquoi il est nécessaire pour moi de rester entourée et conseillée.

Quelles sont les stratégies et les astuces que tu mets en place pour maintenir une bonne santé mentale ?

Mettre en place une routine sportive a eu un impact positif sur ma santé mentale. Me dépenser m’aide à éviter de ressasser mes pensées négatives ainsi que mes doutes et à évacuer mon stress.

Comme évoqué plus haut, j’essaie également de sortir régulièrement avec mes proches pour me sentir entourée.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui traverse actuellement une période de dépression ?

Se rappeler qu’il n’est pas seul, premièrement car d’autres personnes vivent des choses similaires à lui et deuxièmement car il a forcément des gens qui tiennent à lui. Lors d’une dépression, il est difficile de voir le positif autour de soi et on pense souvent à tort que personne ne peut nous comprendre ou que personne n’est là pour nous. Il ne faut vraiment pas avoir peur d’en parler à ses proches ou même à des personnes que l’on connaît peu si on sent que cela sera bénéfique. Ces personnes peuvent être d’un immense soutien par leur parole mais aussi, et surtout, par leurs actes, leurs attentions et leur écoute. Il peut aussi être intéressant de parler de son ressenti et/ou de sa situation avec des personnes qui traversent la même chose afin de se soutenir mutuellement.

Concernant la prise en charge, il ne faut surtout pas hésiter à trouver la bonne personne, quitte à consulter différents professionnels. Il est très important de se sentir soutenu, écouté, compris et en confiance pour que cela puisse être bénéfique.

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Maladies
Anna, 25 ans, témoigne de son rôle d’aidante
Anna, jeune femme de 25 ans a été l’aidante de sa grande sœur lorsqu’elle a traversé sa dépression. Elle nous raconte comment elle a accompagné sa sœur et comment elle s’est elle-même protégée.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Anna, j’ai 25 ans et je vis près de Paris.

Quel proche as-tu accompagné ?

J’ai été aux côtés de ma grande sœur lorsqu’elle a traversé une longue période de dépression. Durant une partie de cette période, je vivais en colocation avec elle et j’ai donc été présente au quotidien.

Comment as-tu pris conscience que ta sœur traversait une période de dépression ? Comment cela a impacté ta relation avec elle ?

Sa période de dépression a débuté il y a quelques années alors qu’elle vivait à l’étranger. À ce moment-là, nous étions donc moins en contact et je ne peux pas trop vous en parler. Quelques mois plus tard elle est revenue en France, vivre chez nos parents, en période de confinement alors qu’elle n’avait pas d’emploi en France et que les interactions sociales étaient limitées par la situation sanitaire. Je l’ai donc vue se refermer sur elle et prendre conscience de tout ce qu’elle avait dû laisser derrière elle en quittant le pays dans lequel elle vivait depuis 6 ans. Je comprenais la difficulté de la situation, elle avait perdu beaucoup (son travail, son logement, ses amis) et elle s’était retrouvée brusquement loin de son quotidien. Je me suis dit qu’elle avait besoin de temps pour se remettre et reconstruire une vie ici, en France. Mais plus les jours passaient et moins elle avait de motivation…

Pour être honnête, mon regard sur sa situation n’a pas toujours été très bienveillant et cela a sûrement impacté ma vision d’elle à ce moment-là. Je mettais certaines choses sur le dos de « la flemme » et me disait qu’elle n’avait juste pas envie, pas assez de motivation pour faire des choses et qu’elle profitait parfois un peu trop du fait de vivre chez nos parents (et donc de ne pas avoir besoin de revenu puisqu’elle vivait à leur charge). Je ne l’ai jamais vraiment formulé face à elle, pour ne pas la blesser et parce que je me doutais quelque part qu’il y avait des raisons derrière ce mal être.

Quels ont été les principaux défis auxquels tu as été confronté en tant qu’aidante ?

Elle a fini par partir de chez mes parents pour venir vivre en colocation avec moi, je partageais donc mon quotidien avec elle. Nous nous étions dit toutes les deux que ce « nouveau départ » serait peut-être un élan pour elle, notamment au niveau professionnel. Mais cela n’a pas été le cas pendant près d’un an. Je pense que le défi principal pour moi a été de préserver ma santé mentale face à cette situation.

C’était très difficile pour moi de trouver des sources de motivation alors que je la voyais tous les jours au fond de son lit… Elle sortait très peu de sa chambre et presque jamais de l’appartement. Je me sentais parfois démunie, parfois responsable, parfois frustrée de cette situation parce que je ne savais pas comment l’aider. Quand je parlais avec elle de manière bienveillante ça n’avait aucun effet, quand je la secouais un peu ça n’en avait pas non plus.

Quelles ressources ou formes de soutien as-tu recherchées pour toi-même en tant qu’aidante ?

J’en parlais régulièrement avec ma famille, notamment ma mère et ma grand-mère qui m’appelaient pour avoir des nouvelles. Elles étaient plus inquiètes pour ma sœur que pour moi, ce qui est normal. Je me sentais souvent incomprise dans ce que je pouvais ressentir, et parfois égoïste face à ses sentiments alors que ma sœur vivait une situation difficile.

Je ne sais pas si c’est uniquement lié à ça mais après quelques mois de cohabitation, j’ai eu le besoin de parler à quelqu’un d’extérieur. J’ai donc fait appel à une psychologue et même si ce n’était pas la bonne personne pour moi, cela m’a libéré d’un poids et fait comprendre que j’étais légitime de ressentir ce que je pouvais ressentir.

Comment as-tu maintenu une communication ouverte avec ta sœur malgré les difficultés de la dépression ?

On parlait de tout, de rien : finalement on parlait assez peu de la dépression. On a cherché à maintenir un lien « normal » et c’est peut-être ce qui a fait que c’était plus simple pour nous de communiquer.

Nous n’évitions pas le sujet pour autant mais c’est parfois difficile d’en parler. Je sais que je ne suis pas très à l’aise avec le sujet et j’avais peur d’être maladroite dans mes paroles (ce que j’ai sûrement été à des moments).

Qu’est ce qui t'a encouragé à continuer de soutenir ta sœur, même lorsque la situation était difficile ?

Je ne me suis jamais posé la question. Il me semblait évident d’être à ses côtés car c’est ma sœur, je sais qu’elle ferait beaucoup pour moi.

Quelles sont les choses que tu as pu mettre en place pour soutenir le rétablissement de ta sœur ?

Après quelques temps, elle a consulté une psychiatre et suivi un traitement médicamenteux. Je la soutenais dans ce suivi, lui posais des questions après ses rendez-vous pour savoir comment ça s’était passé et comment elle le vivait. J’étais à son écoute mais c’est elle qui a fait le plus gros travail, j’étais simplement là.

Quels enseignements tires-tu de cette expérience en tant qu’aidante ?

Une maladie n’engage pas seulement le patient concerné, c’est tout l’entourage qui traverse cette épreuve avec lui. Il ne faut jamais oublier de prendre soin de soi, c’est essentiel d’être là pour les autres mais il ne faut pas négliger son propre bien-être.

En ce qui concerne les troubles psychologiques, je pense qu’il faut en parler encore et encore, ne pas négliger leur impact et combattre les idées reçues (que j’ai moi-même pu avoir) !

Quels conseils donnerais-tu à d’autres aidants qui soutiennent actuellement une personne traversant une dépression ?

Ne soyez pas trop dur avec la personne concernée mais ne le soyez pas non plus envers vous-même. Soyez présent quand vous le pouvez, soyez une oreille attentive lorsque le besoin se présente et n’hésitez pas à demander de l’aide si vous en ressentez le besoin !

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